# Diacétyle vape : ce que dit la réglementation

> Diacétyle vape : ce qu'est ce composé aromatique, ce que prévoient la directive européenne et la norme AFNOR, et comment lire l'étiquette d'un concentré DIY.


Un flacon d'arôme concentré tient dans la main, coûte peu de place dans un tiroir, et pose pourtant la question la plus technique du DIY : que contient-il exactement. Sur les forums, le mot qui revient le plus souvent est celui de diacétyle. Le sujet du diacétyle vape mélange chimie des arômes, textes européens et normes françaises, et se traite mieux avec des documents qu'avec des avis. Voici ce que disent les textes, et ce que vous pouvez vérifier vous-même sur une étiquette.

## Le diacétyle, un composé aromatique parmi d'autres

Le diacétyle, de son nom chimique 2,3-butanedione, est un composé aromatique portant le numéro CAS 431-03-8. Il apparaît naturellement lors de certaines fermentations, dans le beurre, la bière ou les produits laitiers, et se produit aussi par synthèse.

Son intérêt pour un aromaticien est simple : il donne une note beurrée, lactée et crémeuse très reconnaissable, avec une puissance élevée à faible dose. C'est cette signature qui l'a rendu courant dans l'agroalimentaire, notamment sur les profils popcorn, caramel et pâtisserie.

En tant que substance chimique, le diacétyle relève du règlement européen CLP relatif à la classification, à l'étiquetage et à l'emballage des substances. Les fiches de données de sécurité publiées par les fournisseurs de produits chimiques lui attribuent plusieurs mentions de danger, dont certaines liées à l'inhalation et à une exposition répétée.

Ces mentions concernent la manipulation de la substance pure en contexte professionnel, pas un flacon de recette maison. Elles expliquent en revanche pourquoi la filière du vapotage a très tôt placé cette molécule sous surveillance plutôt que de la traiter comme un arôme ordinaire.

## Diacétyle vape : ce que prévoient les textes européens

Il faut poser un point de vocabulaire avant tout le reste. Aucune ligne d'un règlement européen ne dit littéralement que le diacétyle vape est interdit sous ce nom. L'encadrement passe par une règle plus générale, complétée en France par une norme technique.

La règle générale est celle de la directive 2014/40/UE, dite directive sur les produits du tabac, dont l'article 20 traite des cigarettes électroniques et des flacons de recharge. Ce texte prévoit que les e-liquides contenant de la nicotine ne comportent, en dehors de la nicotine, que des ingrédients ne présentant pas de risque pour la santé humaine sous forme chauffée ou non chauffée, et impose des ingrédients de haute pureté.

Cette directive a été transposée en droit français dans le code de la santé publique. Elle s'accompagne d'une obligation de notification préalable des produits auprès de l'autorité compétente, avec déclaration de la composition. C'est ce dispositif, et non une liste noire nominative, qui sert de base à l'exclusion du diacétyle par les fabricants.

## La norme AFNOR, l'autre pièce du dossier

Le deuxième texte est français et souvent mal cité. Il s'agit de la norme AFNOR XP D90-300-2, consacrée aux e-liquides, à leurs exigences de sécurité, à leur étiquetage et aux méthodes d'essai associées.

Cette norme demande le contrôle de la concentration de plusieurs substances, dont le diacétyle, aux côtés de l'acroléine, de l'acétaldéhyde et du formaldéhyde, et fixe des niveaux maximaux. Elle liste également des ingrédients dont l'ajout est exclu des formulations.

Point capital, trop rarement précisé dans les articles de blog : la norme XP D90-300-2 est d'application volontaire et de statut expérimental. Un fabricant n'est pas contraint par la loi de s'y conformer, et beaucoup d'acteurs français ont choisi de le faire, certains allant jusqu'à la certification par un organisme tiers.

Autrement dit, dire que le diacétyle vape est interdit relève d'un raccourci. La formulation exacte est plus utile : il est écarté par une norme volontaire largement adoptée en France, dans un cadre réglementaire européen qui exclut les ingrédients présentant un risque sous forme chauffée. La distinction change ce que vous devez vérifier.

## Diacétyle vape : lire correctement l'étiquette d'un concentré

Un arôme concentré vendu pour le DIY n'entre pas dans le champ de la notification des e-liquides nicotinés, puisqu'il ne contient pas de nicotine. C'est précisément pour cette raison que l'étiquette et la documentation du fabricant deviennent votre principal repère.

Sur un flacon sérieux, vous trouvez le nom commercial de l'arôme, le nom et l'adresse du fabricant ou du distributeur, le volume, un numéro de lot, une date de durabilité, le support de dilution employé, et la mention des substances soumises à étiquetage réglementaire avec leurs pictogrammes et phrases de danger.

La vraie information se trouve souvent un cran plus loin. Beaucoup de marques françaises publient, sur leur site ou sur demande, une fiche produit ou un certificat d'analyse indiquant les substances recherchées et le résultat des contrôles. C'est ce document, daté et rattaché à un lot, qui a une valeur, pas une phrase marketing.

Avant même de composer, prenez donc l'habitude de collecter ces pièces pour chaque référence achetée. Cette hygiène documentaire s'intègre naturellement dans la [méthode complète pour fabriquer son e-liquide](/fabriquer-son-e-liquide-methode/), au même titre que la pesée et l'étiquetage de vos propres flacons.

## Ce que veut dire, et ne dit pas, une mention sans diacétyle

La mention sans diacétyle affichée sur un flacon n'a pas de définition légale unique. Elle traduit un engagement commercial du fabricant, dont la portée dépend entièrement de ce qui a été mesuré, comment et par qui.

Trois questions permettent de la qualifier. La substance a-t-elle été recherchée par un laboratoire, sur quel lot, et selon quelle méthode. Une mention adossée à un rapport d'analyse identifiable ne se compare pas à une simple allégation imprimée sur une boîte.

Une remarque de vocabulaire s'impose aussi. Le diacétyle a des cousins chimiques, comme l'acétyl propionyl, aussi appelé 2,3-pentanedione, également employé pour des notes beurrées. Un produit annoncé sans diacétyle n'affirme rien sur ces molécules voisines, sauf mention expresse.

Il faut enfin séparer deux registres. Le débat public associe le diacétyle à une pathologie respiratoire décrite chez des salariés de l'industrie agroalimentaire exposés par voie professionnelle. Ce site ne transpose aucun lien de ce type au vapotage : la seule référence opposable reste le texte réglementaire et l'étiquetage du produit, jamais un avis d'internaute ni un classement de forum.

## Arôme alimentaire et arôme pour la vape, deux cadres distincts

La tentation existe, en DIY, d'utiliser un arôme alimentaire du commerce parce qu'il est disponible et bon marché. Sur le plan réglementaire, ce n'est pas le même produit, et c'est le point le plus concret de tout le dossier du diacétyle vape.

Les arômes destinés aux denrées alimentaires relèvent du règlement européen 1334/2008. Ce texte encadre leur mise sur le marché, leur évaluation et leur emploi dans les aliments. Son champ est l'usage alimentaire, c'est-à-dire un produit destiné à être ingéré.

Un arôme alimentaire conforme à ce règlement est donc évalué pour cet usage. Rien dans son dossier ne porte sur son comportement dans un atomiseur chauffé, ni sur les substances susceptibles d'être recherchées par la norme dédiée aux e-liquides. Les deux référentiels ne répondent pas à la même question.

À cela s'ajoutent des différences très pratiques. Beaucoup d'arômes alimentaires contiennent de l'eau, de l'alcool, des huiles, des sucres ou des colorants, autant de composants qui se comportent mal dans une base et sur une résistance. Un concentré formulé pour la vape est dilué dans un support compatible avec une base, question détaillée dans notre guide du [ratio PG/VG d'une base DIY](/pg-vg-ratio-base-diy/).

## FAQ

### Le diacétyle est-il légalement interdit dans les e-liquides en France ?
Aucun texte français ne le nomme dans une interdiction directe. Le cadre repose sur l'article 20 de la directive 2014/40/UE, transposé au code de la santé publique, et sur la norme AFNOR XP D90-300-2, d'application volontaire, qui encadre la concentration de cette substance et liste des ingrédients exclus.

### La norme AFNOR XP D90-300-2 est-elle obligatoire pour un fabricant ?
Non. Cette norme est d'application volontaire et de statut expérimental. Un fabricant peut s'y conformer et faire certifier ses produits par un organisme tiers, mais il n'y est pas contraint par la loi. La conformité annoncée doit donc être vérifiée dans sa documentation.

### Un arôme concentré pour le DIY est-il soumis à la même déclaration qu'un e-liquide nicotiné ?
Non, tant qu'il ne contient pas de nicotine il n'entre pas dans le dispositif de notification prévu pour les flacons de recharge nicotinés. Son encadrement passe par la réglementation générale des produits chimiques et par la documentation que publie le fabricant.

### Comment vérifier concrètement la composition d'un concentré ?
En demandant au fabricant ou au distributeur la fiche produit et, quand elle existe, l'analyse rattachée au numéro de lot figurant sur le flacon. Un document daté, identifiant les substances recherchées et la méthode employée, a une valeur que n'a pas une mention imprimée seule.

### Peut-on remplacer un concentré pour la vape par un arôme alimentaire ?
Ce sont deux catégories réglementaires différentes. Un arôme alimentaire est encadré par le règlement 1334/2008 pour un usage dans les denrées alimentaires, et son dossier ne porte pas sur un emploi en atomiseur chauffé. Il ne présente donc pas les mêmes garanties documentaires qu'un concentré formulé pour la vape.

## Ce qu'il faut retenir

Le dossier du diacétyle vape se résume à trois faits vérifiables. Le diacétyle est un composé aromatique à note beurrée, classé comme substance chimique au titre du règlement CLP. Le cadre européen n'interdit pas cette molécule nommément, il exclut les ingrédients présentant un risque sous forme chauffée ou non chauffée via l'article 20 de la directive 2014/40/UE. La norme française XP D90-300-2, volontaire et expérimentale, en encadre la concentration et sert de référence à la filière.

Pour un vapoteur qui prépare ses mélanges, la conséquence est directe. La mention portée sur un flacon vaut ce que vaut le document qui la soutient, et un arôme alimentaire relève d'un autre référentiel, pensé pour l'ingestion. La bonne pratique consiste à choisir des concentrés formulés pour la vape, à conserver les fiches produit et les lots, et à s'en tenir à l'étiquetage et aux textes plutôt qu'aux discussions de forum. Sur le diacétyle vape comme sur le reste, la référence est le document, pas l'avis.

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<em>Contenu éditorial indépendant réservé aux personnes majeures. Le DIY manipule des produits contenant de la nicotine, une substance qui crée une dépendance. Ce texte décrit un cadre réglementaire et ne constitue pas une recommandation d'achat.</em>
